Revue d'histoire comparée 24. (1946)

1946 / 1-2. szám - Comptes rendus critiques

COMPTES RENDUS CRITIQUES État et Nation-Jules Szekfü : État et Nation. Paris-Budapest, 1945. Les Presses Universitaire de France, 8°, 345 p. + 3 et. géogr. et 16 tbl. (Bibliothèque de la Revue d’Histoire Comparée, n° IV). L’ouvrage de M. Jules Szekfü témoigne d’une impartialité telle que le lecteur se sent comme transporté dans un lointain avenir, à une époque où les passions déchaînées aujourd’hui par les problèmes nationaux seront déjà apaisées et où l’humanité vivra dans une ambiance inconnue de nos jours. Trois longues études composent le livre, trois esquisses de l’histoire des nationalités qui ont vécu au sein de l’Etat hon­grois. Questions de détail de l’histoire hongroise, ces études semblent offrir encore moins d’intérêt du point de vue euro­péen. Mais l’historien étant ainsi à même de suivre de très près les événements, projette sur eux une lumière vive et péné­trante. Sa plume élégante s’empare des faits et son style léger transporte avec aisance la riche substance des concepts dans les grandes relations de l’histoire de l’Europe et jusqu’aux per­spectives de l’évolution humaine. Les trois études de M. Szekfü ont paru séparément eh 1926, 1942 et 1943. C’est dire que ses idées ne sont pas le résidu de gé­missements attardés poussés après la guerre, mais les résultats d’une conception historique formée de longue date. La pre­mière étude traite du rôle joué par la langue hongroise en tant que langue d’État, et insiste tout particulièrement sur les efforts déployés à ce sujet depuis la fin du XVIIIe siècle et sur la réaction des minorités (Le hongrois, langue d’État). La se­conde : Essai d’une histoire des nationalités en Hongrie. La troi­sième retrace l’évolution du sentiment national chez la mino­rité saxonne de Transylvanie, suivant le témoignage de leur historiographie (L’historiographie des Saxons de Transylvanie). L’idée dominante des trois études réside dans la conclusion de recherches nombreuses et extrêmement poussées : le sentiment « national s> serait un élément immuable de la société hu­

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